mercredi 29 février 2012

Le livre qui dit tout - Kuijer Guus


Je commence avec une citation que beaucoup reprennent également (page 38) :

"- Qu'est-ce que tu veux faire plus tard?
- Être heureux, répondit Thomas. Plus tard, je veux être heureux.
(...)
- Ca, c'est une vachement bonne idée. Et tu sais où commence le bonheur? Il commence quand on cesse d'avoir peur."

La peur régit la société. Elle empêche les enfants de connaître Mme Van Amersfoort, une veuve dont le mari est mort en sauvant la patrie. Elle empêche Thomas de déclarer sa flamme à la belle Eliza. Elle empêche la maman de Thomas de vivre pleinement. Elle empêche la famille de vivre en harmonie, les uns avec les autres.

La religion peut permettre beaucoup de justifications hasardeuses, comme beaucoup d'autres choses d'ailleurs (mais je ne veux pas rentrer dans un débat philosophique car vous savez à quel point j'aime la philosophie).

Mais lorsqu'on fait tomber les barrières, lorsque la peur prend la fuite alors là, la vie change.

Il faut le dire, bien qu'il soit plein d'humour, ce livre n'est pas tendre. L'univers familial de Thomas est un cauchemar. La copie conforme d'un nazi comme père, sa maman, battue par ce dernier, etc. Mais plus tard, Thomas veut être heureux.

Je recommande vraiment la lecture de ce livre qui aborde pas mal de thèmes tels que la vie après la guerre (2ème Guerre mondiale), la religion, les femmes battues, le féminisme, etc. Il vous fera passer par toutes les émotions possibles : la haine, la tristesse, la joie, etc. De plus il est facile à lire et se laisse dévorer en moins de deux heures.


Je termine par cet extrait que j'ai particulièrement aimé (pages 147 et 148) :

"Les anges l'attendaient avec impatience en poussant de profonds soupirs.
- Comment va Thomas? questionna l'un d'eux.
- Oui, comment va-t-il? demandèrent cent autres vois en choeur.
Il faut savoir qu'ils étaient tous désespérément amoureux de Thomas.
- Plutôt bien, dit Jésus.
- Allez-vous le rappeler bientôt auprès de vous? demanda un ange à la peau noire comme du charbon - on voyait ce genre d'anges de plus en plus souvent ces derniers temps. J'aimerais tellement jouer de la trompette pour lui.
- Non, dit le Seigneur Jésus en souriant. Vous n'avez de toute façon aucune chance avec lui.
- Et pourquoi pas? demandèrent les anges, consternés.
- Aucun d'entre vous n'a une jambe en cuir qui craque en marchant, dit-il.
Les anges restèrent sans voix. Ils étaient tous superbes, mais aucun n'avait une jambe en cuir. On ne peut pas tout avoir."


Touky

- KUIJER Guus, Le livre qui dit tout, Neuf, L'école des loisirs, Paris, 2007.

Genesis - Bernard Beckett


Hooooo la jolie couverture, elle brille et cela me rappelle les "Pogs" avec lesquels on jouait dans la cour de récréation en primaire et au début du secondaire. Mais les singes me font peur (quand je vois des singes cela me fait directement penser à "La planète des singes" de Tim Burton (et pourtant j'aime inconditionnellement ce réalisateur) et autant vous dire que ce film me donne la nausée.

Un petit tour du côté de la quatrième de couverture

"Anax est prête à affronter le jury. Pendant cinq heures, face à trois examinateurs, elle va montrer qu'elle connaît parfaitement son sujet. Mais plus elle en dit, plus elle referme son propre piège..." "Vous êtes sur le point de plonger dans un roman fascinant. Un thriller d'une ingéniosité stupéfiante. Et le meilleur... est pour la fin !"

Verdict

Quand je me retrouve devant un livre comme "Genesis", je n'ai qu'une envie : que quelqu'un m'abatte et que je ne sois pas obligée de le lire. Bien que sur ce coup-là, je me sens un peu seule contre tous. Quand on lit les critiques de ce roman, les avis de lecteurs, etc. ils sont tous unanimement positifs ! Est-ce à cause de mon blocage face aux réflexions trop philosophiques, trop tirées en longueur ? Ou ce côté futuriste qui me bloque tout autant ? Allez savoir, mais une chose est sur, je n'ai pas aimé ce roman.

J'ai vraiment trouvé ce roman indigeste. Je n'ai jamais apprécié ce monde, celui de la république de Platon, Prériclès, Aristote, etc. toutes leurs réflexions philosophiques et BLABLABLA. Ce sont des thèmes qui m'ennuient. Notez, je ne suis peut-être pas tombée sur les meilleurs professeurs pour me donner goût à tout cela.

Quant à cette FAMEUSE CHUTE FINALE (sur laquelle tout le monde semble s'extasier), d'accord, pour ne pas jouer les rabats-joie, j'avoue qu'elle a son côté surprenant, mais quand vous lisez un livre qui ne vous touche absolument pas, qui vous saoule et vous ennuie au plus haut point, la meilleure des fin ne peut rattraper ce gouffre qui s'est creusé entre vous et le roman.

Je ne dis pas que c'est un mauvais roman, loin de là, il plaît d'ailleurs à beaucoup de monde, il est original, bien écrit et bien ficelé. Mais pour ma part quand je lis un livre, ce n'est pas du tout ce genre de livre que j'ai envie de dévorer, ni même simplement... de lire.

Bref, je n'ai pas envie de m'étendre davantage sur ce roman qui paraît bien vide face à mes goûts et ma perception des choses.


Touky


- BECKETT Bernard, Genesis, Gallimard Jeunesse, Paris, 2009.


lundi 13 février 2012

L'Affaire Jennifer Jones - Anne Cassidy



Une première de couverture attirante, un fond rouge vif lisse et brillant, dessus, une sorte de poupée désarticulée composée de coupures de journaux traitant (comme nous l'indique le titre) de "l'Affaire Jennifer Jones" et dans lesquels on peut lire en grand et gras le mot "meurtre". Bref, il ne semble pas y avoir d'intrigue, on tend à nous plonger dans un simple roman policier. Mais alors pourquoi ce livre aurait-il reçu un prix? Du côté de la quatrième de couverture : le suspens semble également nous être directement arraché ! Mais pourquoi ? Et qu'en est-il de ce roman qui semble si prévisible ?

"Au moment du meurtre, tous les journaux en avaient parlé pendant des mois. Des dizaines d'articles avaient analysé l'affaire sous tous les angles. Les événements de ces jours terribles à Berwick Waters. Le contexte. Les familles des enfants. Les rapports scolaires. Les réactions des habitants. Les lois concernant les enfants meurtriers. Alice Tully n'avait rien lu à l'époque. Elle était trop jeune. Cependant, depuis six mois, elle ne laissait passer aucun article, et la question sous-jacente était la même : comment une petite fille de dix ans pouvait-elle tuer un autre enfant ?"

"Alice Tully, 17 ans, jolie, cheveux coupés très court. Etudiante, serveuse dans un bistrot. Et Frankie, toujours là pour elle. Une vie sans histoire. Mais une vie trop lisse, sans passé, sans famille, sans ami. Comme si elle se cachait. Comme si un secret indicible la traquait...."

Mais pourquoi tout dévoiler directement ? Dans un but bien précis pourtant ! Anne Cassidy, l'auteure, ne veut pas d'une histoire policière basée sur le même schéma que toutes les autres. A travers son roman elle va nous faire comprendre pourquoi Alice a agit de la sorte, ce qui l'y a poussée, mais ce roman soulèvera également plusieurs questions.

Comme quoi, il ne faut pas toujours se fier à sa première impression, ni à ce que nous donne à voir la première et quatrième de couverture d'un roman (je ne dis pas qu'il ne faut jamais s'y fier, bien au contraire, mais pas dans ce cas-ci). Ici, nous sommes face à un roman policier au thème et au déroulement original qui donne matière à réflexion. On nous pose principalement la question de la complaisance, de l'indulgence que l'on peut accorder ou non à Alice.

Les émotions que l'on peut ressentir envers Alice Tully, alias Jennifer Jones, sont tellement contradictoires, mais une chose est certaine, elles ne peuvent laisser le lecteur insensible à son histoire, qu'elle soit passée ou présente. L'auteure utilise avec force et intérêt les flash-back qui nous aide à comprendre petit à petit l'histoire d'Alice, le monde dans lequel elle vit et surtout comment elle en est arrivée à tuer un autre enfant de son âge. Mais ces flash-back vont également nous embrouiller et vont souvent nous faire passer de la compassion à l'incompréhension.

J'ai vraiment adoré suivre l'histoire d'Alice, je me suis attachée à cette jeune fille. J'ai même eu de la peine pour elle, car je reste persuadée que tout le monde a droit à une seconde chance, de plus, j'ai éprouvé tellement de tristesse à voir l'enfance qu'elle a eue, je me demande sincèrement comment une mère peut avoir si peu de considération envers son propre enfant. Dès lors, souvent durant ma lecture, j'ai senti mon coeur se tordre... dans tous les sens.

Le livre étant destiné aux ados, le style d'écriture est vraiment agréable et facile à lire, ainsi la lecture de ce roman en est plus fluide, rapide et accrocheuse. Je n'ai d'ailleurs pu poser le livre avant d'avoir fini de le dévorer.




Touky



- CASSIDY Anne, L'Affaire Jennifer Jones, Editions Milan, France, 2006.

dimanche 12 février 2012

Le portrait de Dorian Gray - Oscar Wilde



J'ai été fort surprise lors de ma lecture du Portrait de Dorian Gray, je n'ai pas lu le livre que je m'attendais à lire. Et ce fût une énorme déception. Le portrait de Dorian Gray, c'est certes l'histoire d'un jeune homme débauché dont les traits ne portent jamais la trace des méfaits et du vieillissement qui ternissent son âme ; c'est son portrait qui ramasse tout.




Un petit tour du côté de la quatrième de couverture :

""Que c'est triste! Je vais devenir vieux, horrible et épouvantable. Mais ce portrait, lui, demeurera toujours jeune. (...) Si seulement c'était moi qui devais rester éternellement jeune et le portrait qui devait vieillir ! Pour cela, je donnerais tout ! (...) Je donnerais mon âme !" Toute l'intrigue de l'unique roman d'Oscar Wilde est en germe dans ce voeu aux accents de pacte faustien. Dorénavant, Dorian Gray ne vieillira plus : c'est son portrait qui portera les stigmates de son âge, de ses vices et de ses crimes.
En 1890, lorsque paraît "Le portrait de Dorian Gray", les adjectifs ruisellent sous la plume des critiques pour crier à l'immoralité : lascif, pernicieux, répugnant, empoisonné, le livre respire une atmosphère "chargée des odeurs méphitiques de la putréfaction morale et spirituelle". Mais pour Wilde, la qualité du style est le seul critère pour juger d'une oeuvre : "Il n'existe pas de livre moral ou immoral. Les livres sont bien ou mal écrits. Voilà tout."

Et pourtant à ce moment là, j'étais toujours excitée à l'idée de commencer ce roman !


Mon excitation à pris une tournure bien différente dès la préface du livre. Ensuite, j'ai vraiment du me forcer à continuer et finir ma lecture, j'ai même sauté plusieurs passage, et ce, souvent lors des longues discussions, débats, etc. de Lord Henry. Et pourtant, je m'attendais à une petite merveille, je m'attendais à le dévorer, à ADORER ce livre. Je peux vous assurer que ma déception n'en fut pas des moindres ! Une écriture bien trop soutenue, bien trop lourde, des débats trop poussés, trop étoffés, tous les éléments sont là, pour les personnes comme moi qui n'aime pas les longs débats philosophiques, pour vous donner des vertiges et pire encore : la nausée.



J'ai ADORE le film. Le roman, je le HAIS !



(Image extraite du film d'Oliver Parker : "Le portrait de Dorian Gray")


J'avais vu le film avant de lire le roman, on dit souvent que c'est une mauvaise chose, que le roman vaut souvent bien mieux que l'adaptation cinématographique, mais ce ne fût pas du tout mon avis dans ce cas-ci, bien au contraire ! Le film est fort différent du roman sur plusieurs points :

Pas trop de longue discussion philosophique, ou en tous cas moins longue et moins barbantes. Et un acteur bien choisi : BEN BARNES (bien qu'il ne soit pas du tout comme décrit dans le roman), un jeune homme au visage d'une beauté virginale à vous faire frémir.

Au niveau de l'histoire, pas mal de petits détails ont été modifiés par le réalisateur et le scénariste. Ainsi, le meurtre de Basil n'est plus camouflé par Dorian et l'alchimiste, mais uniquement pas l'assassin qui jette son corps dans la Tamise après l'avoir découpé en petits morceaux. Petite modification à propos de la séparation entre Dorian et Sybil : ce n'est plus la piètre performance théâtrale de Sybil qui fait honte à Dorian et le pousse à rompre mais l'influence de Lord Henry (qui est contre le mariage, les enfants, etc.) qui va le pousser à se séparer d'elle. Un autre détail qui me semble important : dans le film Lord Henry ne découvre pas l'existence de Dorian via le tableau de Basil mais en le rencontrant dans une soirée mondaine. Dans le film, on ne parle pas du livre (de Huysmans) que prête Lord Henry à Dorian et qui va fortement influencer les actes du jeune homme.

C'est un film qui m'a littéralement retournée. Il m'a éblouie et je l'ai adoré... pour le dire simplement. Mais pourquoi ce film nous est-il arrivé directement en DVD ? En effet, en dehors de son pays d'origine, le film d'Oliver Parker passe par la petite porte. C'est vraiment dommage surtout quand on voit ce que peut nous apporter et faire ressentir ce film qui a réussi à sublimer un roman trop lourd à lire, alors qu'à côté de cela, on voit sortir en salle dans le monde entier des films sans fond, sans vraie narration, basés uniquement sur leurs effets spéciaux qui valent des millions de dollars.


Vous m'en direz des nouvelles !

Touky



-WILDE Oscar, Le portrait de Dorian Gray, GF Flammarion, Paris, 1995.

samedi 15 octobre 2011

La rivière à l'envers - 1. Tomek - Jean-Claude Mourlevat




Commençons avec une petite énigme, celle que l'on soumet au héros (Tomek) lors de sa tentative de traversée sous l'arc-en-ciel noir afin de pouvoir quitter l'île Inexistante, pour ma part je n'ai pu trouver seule et j'ai donc du continuer à lire pour avoir la réponse :

"Nous sommes soeurs, aussi fragiles que les ailes du papillon, mais nous pouvons faire disparaître le monde. Qui sommes-nous?"

Ou vous trouvez, ou vous finirez dans les abîmes les plus profonds et les plus noirs de l'Océan.


(Réponse : dans les commentaires de cet article)



Un petit tour du côté de la quatrième de couverture

"Tomek, un orphelin de 13 ans, tient la petite épicerie de son village. Un soir, une jeune fille entre dans sa boutique et lui demande s'il vend de "l'eau de la rivière Qjar". "C'est l'eau qui empêche de mourir", dit-elle. Ainsi commence, pour le garçon, un immense voyage qui va le conduire à la forêt de l'Oubli, au village des Parfumeurs, sur l'île Inexistante... Parviendra-t-il à retrouver Hannah, à l'autre bout du monde, là où coule, à l'envers, cette rivière fabuleuse ?"

Ainsi, tout est mis en place pour nous plonger dans le monde du merveilleux, le monde du conte. Tous les ingrédients sont là pour nous plonger dans une des plus belles histoires jamais écrites. Ce livre est d'ailleurs l'un des rares à m'avoir fait pleurer. Mais ne vous inquiétez pas, ce livre n'est pas un drame qui vous demande de sortir vos mouchoirs à chaque page, l'humour est très présent ainsi que la magie, le rêve et l'aventure.


Une petite merveille

Nous voici dans un monde qui me passionne tout particulièrement (et vous l'aurez déjà remarqué au vu des mes articles précédents) : celui du conte ! Mourlevat est décidément apte à me séduire avec ses romans (seul bémol : la ballade de Cornebique, mais n'en parlons plus).

Je n'ai pas envie de dévoiler trop de cette petite merveille qu'est "La rivière à l'envers", mais faites-moi confiance et plongez-vous dedans, vous ne serez pas déçu ! Ce livre est un véritable joyau pour tous les amateurs d'aventure, de poésie et d'amour. Véritable quête initiatique, ce roman permet de philosopher sur la vie et la mort, mais aussi sur l'amour et la séparation, la peur et la volonté de se dépasser. Poétique par les images qui s'en dégagent et initiatique par les nombreuses personnes que le jeune Tomek rencontre, ce roman contribue également à s'interroger sur le bonheur, ce qui le conditionne et, par conséquent, s'interroger sur soi-même. Ce livre s'appuie sur la nature profonde de l'homme et sur la beauté d'un monde qui lui est offert. Bref, une pure merveille à dévorer d'une traite.

Et impossible de résister à dévorer le Tome 2. (Hannah) !!


Touky


- MOURLEVAT Jean-Claude, La rivière à l'envers - 1. Tomek, Pocket, Pocket Jeunesse, Paris, 2000.

La ballade de Cornebique - Jean-Claude Mourlevat







Cette fois, ce n'est pas au tour du "Petit Poucet" de se faire actualiser, adapter... C'est au tour du "Petit Prince" ! Ce que cela donne comme résultat ? "Facebook" ! Et oui... Mourlevat lui a fait une "face de bouc" !

Veuillez m'excuser pour mon humour limité.










Un petit tour du côté de la quatrième de couverture

" Si vous aimez les boucs, le banjo et les charlatans, les concours d'insultes et les petits loirs qui bâillent tout le temps, alors laissez-vous emporter dans la folle cavale de l'ami Cornebique."

Il faut croire que je n'aime ni les loirs qui bâillent tout le temps, ni les charlatans, ni les concours d'insultes et encore moins les boucs !
Comme je vous l'ai dit plus haut, on est dans la même histoire de base que dans "Le Petit Prince" d'Antoine de St-Exupéry; on se retrouve plongé dans un voyage sans but précis, du à une peine de coeur de notre Bouc fan de banjo. Le voilà donc lancé dans cette aventure où il va faire pleins de rencontres, et va s'investir d'une mission (non pas comme dans "Le Petit Prince", il ne va pas tenter d'apprivoiser un renard) : protéger le petit Pié. Bref un livre qui pourrait toucher n'importe qui, les plus petits comme les plus grands, mais pas moi.


Restons positifs, car il y a du positif dans toute chose !




Les illustrations de Clément Oubrerie un français qui a plus d'une quarantaine d'ouvrages publiés à son actif, il est surtout connu pour être le crayon de "Aya de Yopougon". En 2008 il s'est plié au jeu de l'adaptation pour la collection "Fétiche" de Gallimard, où il propose une adaptation d'un texte d'une cinquantaine d'années "Zazie dans le métro" de Raymond Queneau, en bande dessinée.

Les illustrations présentent dans "La ballade de Cornebique" sont un véritable délice pour les yeux, encore bien plus que toutes ses autres illustrations je pense ! Peut-être est-ce parce que j'adore les animaux dessinés avec de gros yeux rond, ou le coup de crayon maladroit qui parait être celui d'un enfant... je ne sais pas mais en tout cas, je les trouve merveilleux !
Voici son blog si vous désirez voir d'autres de ses nombreuses illustrations :



La musique de Woody Guthrie vient rythmer "La ballade de Cornebique", ce qui la rend plus agréable à suivre. Woody un artiste que j'affectionne déjà depuis pas mal d'années, un chanteur folk américain dans toute sa splendeur pourtant mort vingt ans avant ma naissance, c'est une légende, une icône qui traversera encore surement des siècles de célébrité. Mais je ne suis pas ici pour faire une critique musicale... Je vous laisses sur une de ses chansons, pas celle que préfère - notre - ami Cornebique ("So long it's been good to know you", extrait de l'album "Dusty Old Dust"), mais celle qui me touche le plus : "This Land is your Land" !



Mais pourquoi un tel blocage ?

Ce livre va être mon "bouc émissaire" actuel (tant qu'on est dans les jeux de mots de mon humour limité).

Je n'ai pas réussi à rentrer dans le livre, j'ai eu un goût amer dès les premières pages.


(EN CONSTRUCTION)




Bref un cornet de bique (beef) peu digeste si on enlève la musique et les illustrations.


Touky



- MOURLEVAT Jean-Claude, La ballade de Cornebique, Folio Junior, Gallimard Jeunesse, Paris, 2009.

samedi 8 octobre 2011

Billy Brouillard et le don de trouble de vue, Guillaume Bianco


"Billy est un petit garçon.

Il possède un pouvoir, une espèce de don...

Le "don de trouble-vue"...

En effet, lorsqu’il ôte ses lunettes une réalité parallèle lui apparaît.

Celle de l'imaginaire.

Celle-là même que les adultes se refusent à voir.

Par un après-midi d'automne, alors qu'il joue dans son jardin ; Billy fait une bien curieuse rencontre.

Il tombe nez à nez avec la mort.

Tarzan son chat, est là, au milieu des herbes et des feuilles séchées... »

Guillaume Bianco.



J'ai une petite collection de beaux livres, dans tous les sens du terme. Ce sont mes coups de coeur, mes trésors les plus précieux. Parmi eux se trouve "Billy Brouillard et le don de trouble vue" de Guillaume Bianco. Il a une plume et un coup de crayon (technique d’ombrage à l’encre de chine impressionnant) à faire frémir Tim Burton. Plus de cent-quarante pages (toutes, à partir de la page 13, portant le numéro 13) s’alternent entre textes, planches de bande-dessinée, articles de journaux découpés, poèmes, mini-articles sur les superstitions, des lettres, etc. En somme, un véritable fourre-tout bien arrangé pourtant. Ce livre peut être associé à une sorte de livre d’histoire naturelle, combiné à un herbier de tout ce que l'on peut trouver dans le domaine graphique et ce, toujours avec une orientation un peu lugubre. Toutes ces merveilles rassemblées donc dans un livre dont l’apparence le rapproche fort d’un grimoire, c’est une oeuvre d'art plus qu'une bande-dessinée au sens classique du terme... Guillaume Bianco a osé associer le funèbre et l’enfance et c’est ce qui lui a valut d’être publié dans la nouvelle collection Métamorphose (éditions Soleil) dirigée par Barbara Canepa (la scénariste de Sky-Doll) et Clotilde Vu –, cet album va séduire les jeunes lecteurs, perturbés ou non, et risque bien d'embarquer aussi leurs parents dans l’aventure.

Billy Brouillard n’est pas un petit garçon comme les autres. Il préfère «les nuits obscures aux jours de clarté», «la pluie froide au bleu du ciel», et adore «noyer les fourmis dans de la bave au chocolat». Bref, le mioche n’est pas toujours rassurant et pourrait être sorti tout droit de la série "La famille Adams" ou de l’une des histoires de Tim Burton. Il possède «le don de trouble vue» qui lui permet, sans ses lunettes, de distinguer un monde "parallèle". L’intérêt du gamin pour le sinistre atteint son apogée lorsque son chat Tarzan rend l'âme. Il devient alors obsédé par la mort, et celle-ci sera donc présente tout au long du livre. Pour trouver des réponses à ses questions existentielles sur la mort qu'il se pose, Billy il va écrire au Père Noël, fouiller la vieille malle du grenier, invoquer les esprits (et on peut même les invoquer avec lui ; le Ouija étant fourni avec le livre) aucune piste ne sera négligée par ce jeune garçon rempli de curiosité.




En lisant Billy Brouillard on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec les albums de Calvin et Hobbes : la thématique de l’imagination se retrouvant dans les deux, la finesse de l'écriture et le regard porté sur l'enfance également. Sans jamais manquer d’originalité, Guillaume Bianco s'impose comme un digne successeur de Bill Waterson !




Quelques paroles de l'auteur et images du livres

« Les chats sont de fascinants animaux. Pleins de malice et de mystères...

Qui n'a jamais rêvé de percer leurs énigmes, de connaître leurs origines?

Grâce à Billy Brouillard et à son incroyable "Encyclopédie curieuse et bizarre de Cryptozoologie", ces petits félins domestiques n'auront plus aucun secret pour vous.... »

Guillaume Bianco.






















« Parmi les trésors de ce livre, de vieux exemplaires de journaux recélant de troublantes informations sur le Père Noël... »

Guillaume Bianco.


Et l'une de mes pages préférées, les mini-articles de journaux traitant des superstitions !



Guillaume Bianco

(Photo de Guillaume Bianco)

Si vous voulez en savoir plus sur cet artiste atypique (car il a fait d'autres "Billy Brouillard" ainsi que d'autres livres tout aussi géniaux), voici le lien de son blog qu'il tient régulièrement à jour :


BLOG DE GUILLAUME BIANCO



(Publicité pour "Billy Brouillard et le don de trouble vue", Guillaume Bianco)



J'espère que ce livre vous séduira autant qu'il m'a séduite.

Touky



- BIANCO Guillaume, Billy Brouillard et le don de trouble vue, Editions Soleil, Collection Métamorphose, Paris, 2008.